Tout savoir sur les allergies alimentaires

Une allergie alimentaire correspond à une réaction négative du système immunitaire dans l’unique but de défendre et protéger l’organisme, elle fait suite à la consommation d’un produit ou d’un aliment normalement comestible et inoffensif. 

Aujourd’hui, divers aliments et protéines sont identifiés comme à l’origine de ces allergies. Les symptômes et leur gravité sont toutefois très variables d’une personne à l’autre, et il est important de les connaître afin de prévenir les risques potentiels et de savoir comment réagir.

Nous vous invitons donc à lire cet article dédié aux allergies alimentaires pour en savoir un peu plus à ce sujet afin de mieux comprendre ce phénomène particulier et détecter facilement les substances pouvant les provoquer.

Qu’est ce qu’une allergie alimentaire ?

Une allergie alimentaire correspond à une réaction du système immunitaire survenant après à l’absorption ou l’inhalation d’un aliment. L’aliment incriminé, appelé allergène, est alors considéré comme dangereux par le système immunitaire. Dans le but de défendre et protéger l’organisme, il s’apprête alors à déclencher une série de réactions en chaîne, aboutissant à la libération d’anticorps. Les anticorps sont des protéines spécifiques à l’immunité, ils ont pour rôle de détecter et neutraliser les agents pathogènes et toxiques pour l’organisme. Leur libération entraîne celle d’autres molécules, responsables de divers symptômes se manifestant immédiatement (troubles respiratoires par exemple) ou de manière retardées (réactions cutanées par exemple).

Ces réactions, anormales et excessives, sont également appelées “réactions d’hypersensibilité”. Elles se déroulent en deux étapes :

  1. Lors d’un premier contact avec l’aliment, l’organisme est sensibilisé : les contacts ultérieurs entraînent ensuite une réaction inflammatoire, dite allergique.
  2. Lors du second contact, l’allergène est déjà connu par le système immunitaire. Celui-ci déclenche alors une réaction immunitaire à médiation humorale, avec production d’immunoglobulines E (IgE) : les anticorps. Ces IgE se combinent ensuite avec l’allergène pour libérer les différentes substances responsables des réactions inflammatoires (histamine notamment).

 

Quelles différences entre allergie et intolérance alimentaire ?

L’allergie à un aliment est liée à une réaction du système immunitaire face à cet aliment, considéré comme un allergène. Celui-ci provoque alors une succession de réactions dans le but de défendre l’organisme, ce phénomène induit la production d’anticorps. Les anticorps libèrent des substances inflammatoires telles que l’histamine, menant à l’apparition de symptômes spécifiques à l’allergie : picotements, rougeurs cutanées, nausées, difficultés respiratoires…

En revanche, l’intolérance alimentaire ne fait pas intervenir le système immunitaire. Elle correspond à une réaction du métabolisme liée à l’insuffisance, l’inactivité ou l’absence totale d’une enzyme. Cette anomalie empêche l’organisme de digérer correctement certains aliments.

L’intolérance au lactose, par exemple, est due à une carence en lactase, l’enzyme spécifique responsable de la digestion du lactose contenu dans le lait et les produits laitiers.

À l’inverse des allergies, les intolérances alimentaires peuvent être temporaires. Au bout d’un certain temps, il est possible d’essayer de réintroduire le ou les aliment(s) non supporté(s) progressivement et en petites quantités.

Au-delà des allergies et des intolérances, il est possible de voir apparaître certains symptômes dus à la consommation d'aliments riches en histamine ou en tyramine. Ces deux substances sont richement retrouvées dans les aliments comme le poisson, les fromages fermentés, les salaisons ou encore le chocolat. 

Si l’histamine et la tyramine s’accumulent dans l’organisme, leur présence peut provoquer certains symptômes similaires à ceux de l’allergie, (eczéma ou difficultés respiratoires).

Les causes d’une allergie alimentaire 

En temps normal, le système immunitaire défend l’organisme des substances potentiellement dangereuses, tels que les virus, les bactéries et les toxines. Dans le cas d’une allergie alimentaire, un réponse immunitaire se déclenche face à un aliment considéré comme nocif, mais pourtant généralement inoffensif. La cause de l’allergie est due à la production d’immunoglobuline E (IgE) qui provoque des allergies alimentaires.

Si les causes physiologiques sont connues, on observe que les allergies sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes, ce phénomène peut s’expliquer par divers facteurs, exposés au point suivant.

Population cible et facteurs de risques

Les experts s’accordent pour affirmer que le développement des allergies alimentaires est en croissance constante dans de nombreux pays. En France, la prévalence des allergies alimentaires tend à la hausse et concerne environ 5% de la population générale. Même si personne n’est à l’abri de devenir allergique à un aliment, il existe des facteurs de risques plus ou moins spécifiques et reconnus comme favorisant l’apparition d’une allergie alimentaire.

Facteurs génétiques

Dans la majorité des cas, les enfants qui développent tôt une allergie alimentaire ont au moins un parent de premier degré allergique (père, mère, frère, sœur).

De même, le risque général de développer une allergie augmente selon le facteur génétique. Si aucun parent de premier degré ne présente d’allergie, le risque est faible (15 à 20 %). Alors que si deux parents ont une allergie, le risque est de 60 % ; et presque de 80 % si ces deux parents ont la même allergie !

À noter également qu’un antécédent familial d’allergie n’est pas nécessairement de type alimentaire pour créer un facteur de risque. Une mère allergique à la poussière peut avoir un enfant allergique au gluten par exemple.

Facteurs environnementaux

Ils sont multiples, mais ne sont pas systématiques chez tous les patients. Dans le cas des allergies alimentaires, plusieurs pistes reviennent le plus souvent.

L’hyperconsommation d’un allergène peut mener au développement d’une allergie. 

L’alimentation industrielle, qui expose à de nombreux additifs, mélanges d’aliments et substances chimiques, contribue énormément à l’augmentation du risque d’allergie alimentaire.

Aussi, la pollution de l’air impacte négativement notre sensibilité allergique, car nous sommes davantage exposés à des particules toxiques.

Les symptômes d’une allergie alimentaire

Les symptômes d’une allergie alimentaire ne sont pas spécifiques et varient d’un individu à l’autre, ils dépendent également de la zone où l’histamine est libérée. En effet, ils peuvent toucher n’importe quel organe ou partie du corps. Certaines réactions constituent une urgence médicale absolue, c’est pourquoi il est important de les connaître.

Chez l’adulte

Les manifestations cliniques de l’allergie alimentaire chez l’adulte sont très diverses et de différents degrés de gravité, pouvant aller jusqu’à mettre en danger la vie de l’individu.

Les symptômes peuvent être de type digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, nausées, vomissements), respiratoires (crise d’asthme, sensation d’étouffement), cutanés (eczéma, démangeaisons, urticaire) et/ou cardiovasculaires (troubles du rythme cardiaque).

On peut également voir apparaître un syndrome oral (irritation de la gorge, démangeaisons de la bouche et gonflement des lèvres), qui est le symptôme le plus fréquent ou une rhinite allergique.

Chez l’enfant

Les symptômes chez l’enfant sont différents des adultes, mais toujours divers et d’intensité variable.
Les allergies alimentaires se manifestent généralement lors de la diversification alimentaire.

Les symptômes se manifestent rapidement, ils sont de type digestifs (douleur abdominale, vomissements, diarrhées…), cutanés (eczéma, urticaire…) et/ou respiratoires (bronchite, asthme…).

Symptômes nécessitants des soins urgents

Comme évoqué précédemment, certains symptômes de l’allergie alimentaire peuvent être de très grave intensité, jusqu’à menacer la vie de l’individu.

Parmi les symptômes les plus graves nécessitant une prise en charge médicale urgente, nous retrouvons l’œdème pharyngé ou laryngé (œdème de Quincke), la crise d’asthme importante et le choc anaphylactique.

Le choc anaphylactique est la réaction allergique immédiate la plus forte. Très sévère, il peut provoquer de graves conséquences et engage le pronostic vital de la personne. En effet, le choc anaphylactique touche les divers systèmes de l’organisme : cardiovasculaire, neurologique, respiratoire, cutané et muqueux.

On distingue quatre grades :

  • grade I : urticaire (généralement)
  • grade II : chute de la pression artérielle, tachycardie, troubles digestifs
  • grade III : collapsus pulmonaire, troubles du rythme cardiaque (la vie du patient est en danger à ce stade)
  • grade IV : arrêt circulatoire et/ou respiratoire, asphyxie

Le diagnostic

Afin de diagnostiquer une allergie alimentaire, il est possible de consulter un médecin et/ou un allergologue. Un dépistage d’antécédents allergiques déjà connus sera effectué. Les allergènes, les symptômes, l’environnement et les habitudes de vie seront mis en évidence, aussi bien pour le patient que pour sa famille (vérification des antécédents familiaux).

Ensuite, les symptômes, leur fréquence et leur délai d’apparition au contact de l’allergène vont être analysés, dans le but de définir la nature de l’allergène et de dresser un bilan allergologique.

Le bilan allergologique

Ce bilan est constitué de plusieurs tests permettant de déterminer et confirmer les allergènes responsables d’une réaction :

  • Les tests cutanés ou prick-tests : des gouttes de chaque allergène suspect sont déposées sur l’avant-bras, elles vont y pénétrer en piquant légèrement la peau. Les réactions cutanées sont alors observées (rougeurs, gonflements…), permettant d’évaluer l’intensité de l’allergie ;
  • Un dosage sanguin des IgE (immunoglobulines E) spécifiques à certains allergènes ; 
  • Les tests de provocation aux allergènes via la reproduction de la réaction allergique : l’allergène est administré directement au niveau de la muqueuse digestive. Toutefois, le risque d’une réaction allergique grave est présent et représente un danger. C’est pourquoi ces tests ne sont effectués qu’en milieu hospitalier en présence d’un personnel médical.

Le traitement 

Une fois que les tests ont mis en évidence le ou les allergène(s), le traitement consiste à les supprimer de l’alimentation.

Dans le cas d’allergies alimentaires induisant des réactions peu importantes, le médecin allergologue peut proposer et réaliser une Induction de Tolérance Orale (ITO), une technique de désensibilisation à l’allergène identifié. La première consultation se déroule chez le médecin, puis le patient réalise le traitement à son domicile.

Afin d’éviter les récidives ou les crises d’allergies, des mesures éducatives sont mises en place. 

Quels produits alimentaires sont à l’origine d’une réaction allergique ?

Il existe une liste identifiant les allergènes alimentaires, elle est établie selon diverses recherches scientifiques et est révisée régulièrement. Au-delà de cette liste, il faut bien sûr inclure les aliments dérivés de ces allergènes ainsi que certains additifs alimentaires.

Les allergènes alimentaires principaux

Un allergène est la substance qui déclenche l’allergie. Il existe 14 allergènes alimentaires dits « à déclaration obligatoire » (voir paragraphe suivant concernant l’étiquetage) : 

  1. Céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut)
  2. Crustacés
  3. Œufs
  4. Poissons
  5. Arachides
  6. Soja
  7. Lait
  8. Fruits à coque
  9. Céleri
  10. Moutarde
  11. Graines de sésame
  12. Anhydride sulfureux et sulfites
  13. Lupin
  14. Mollusques

Les produits dérivés de ces 14 allergènes constituent bien entendu une allergie alimentaire et donc une réaction allergique.

Étiquetage alimentaire

Tous les produits alimentaires contenant des allergènes font l’objet d’un étiquetage obligatoire. C’est-à-dire que la présence de l’allergène en question est mentionnée sur l’emballage du produit, de manière claire et précise. En effet, si l’aliment contient de la lécithine de soja (émulsifiant) dans la liste de ses ingrédients, elle devra être mentionnée en tant que « émulsifiant : lécithine de soja », et non « émulsifiant : lécithine » ou encore « émulsifiant : E322 » qui correspondent à deux écritures peu explicites pour le consommateur. De plus, les allergènes sont généralement mis en évidence dans la liste d’ingrédients, ils sont écrits en gras et/ou soulignés par exemple.

Au vu des différents degrés de gravité des symptômes d’une allergie alimentaire, il est essentiel de se référer systématiquement aux emballages si vous présentez une allergie alimentaire connue.

Allergènes fréquents chez l’enfant

Chez l’enfant, la majorité des allergies alimentaires sont dues à six catégories d’aliments :

  • l’œuf (allergie fréquente chez les nourrissons)
  • l’arachide,
  • le lait de vache (le lait maternel ne provoque pas d’allergie),
  • la moutarde,
  • le poisson,
  • et les fruits à coque.

Les protéines du lait de chèvre ou de brebis peuvent également constituer un allergène car elles sont très similaires à celles présentes dans le lait de vache. Par ailleurs, les personnes allergiques au lait de vache déclenchent régulièrement des réactions au lait de chèvre.

Allergènes fréquents chez l’adulte

Parmi les allergènes fréquents chez l’adulte, nous retrouvons les 14 allergènes cités précédemment. À savoir : gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, sulfites, lupin et mollusques.

Mais ils ne sont pas les seuls, de nombreux autres allergènes sont répertoriés. Ils sont essentiellement d’origine végétale :

  • les fruits du groupe latex : banane, avocat, châtaigne, kiwi
  • les fruits rosacés : abricot, cerise, fraise, framboise, noisette, pêche, poire, pomme, prune
  • les ombellifères : céleri, carotte, aneth, persil, fenouil, carvi, anis et coriandre
  • les légumineuses

Comment évoluent les allergies alimentaires ?

Selon l’allergène reconnu par votre système immunitaire, l’évolution de l’allergie alimentaire est variable. 

Par exemple, il est très rare que les allergies aux oléagineux, à l’arachide, aux poissons et aux crustacés disparaissent un jour.

Contrairement à l’allergie aux œufs ou au lait de vache chez les enfants.

 

Camille Martel

Diététicienne nutritionniste