La prostate face au vieillissement

Quand on parle de la prostate, on pense tout de suite à l'appareil génital masculin. En effet, la femme possède certes plusieurs glandes para-urétrales, nommées glandes de Skene, qui sont parfois qualifiées de prostate féminine, mais la prostate à proprement parler est bien exclusivement masculine. La prostate a un rôle bien particulier, mais les hommes s'y intéressent souvent vers l'âge de 50 ans, cette dernière pouvant souffrir de quelques troubles, bouleversant parfois grandement le quotidien. 

La prostate, qui est-elle ?

La prostate est une glande sexuelle masculine. Elle fait partie de l'appareil reproducteur de l'homme. Dans l'organisme, elle se situe en profondeur dans le bassin, sous la vessie et devant le rectum.

La prostate est très petite, mesurant environ 3 cm de hauteur et 4 cm de largeur, pour un poids total ne dépassant pas les 25 grammes. Elle est formée de deux lobes principaux qui entourent l'urètre. Elle est constituée de cellules glandulaires, musculaires et fibreuses. Sa texture est plutôt lisse et caoutchouteuse. 

On peut découper la prostate en 3 zones distinctes. On retrouve :

  • la zone périphérique, proche du rectum et palpable lors d'un examen médical. C'est dans cette grande zone que l'on retrouvera la plupart des tumeurs de la prostate. 
  • la zone de transition, située au milieu de la prostate et entourant l'urètre qui la traverse. C'est cette zone qui va augmenter sa taille lors du vieillissement. 
  • la zone centrale, qui entoure les canaux éjaculateurs. Elle peut faire l'objet de tumeur, mais étant située loin du rectum, elle n'est pas palpable. 

Quels sont les rôles de la prostate ? 

La prostate est une glande exocrine. Dans l'appareil génital masculin, elle a pour rôle principal la fertilité de l'homme. En effet, elle sécrète un liquide prostatique riche en minéraux, en protéines et en enzymes, qui composera une partie du liquide séminal. Ce liquide prostatique est là pour nourrir et protéger les spermatozoïdes. Les enzymes favoriseront la fécondation, facilitant la pénétration des spermatozoïdes dans le col utérin. 

La prostate va également fabriquer une protéine spécifique nommée antigène prostatique spécifique (PSA). Cette protéine va permettre de liquéfier le sperme, afin de faciliter la mobilité des spermatozoïdes. Enfin, en ce contractant, la prostate permet l'éjaculation. 

Les troubles de la prostate 

Vers l'âge de 50 ans, il est fréquent que la zone de transition de la prostate se mette à gonfler, augmentant son volume parfois jusqu'à devenir plus importante que la zone périphérique. Et pour cause, sa taille initiale peut être multipliée jusqu’à 5 fois. On parle alors d’hypertrophie bénigne de la prostate ou adénome de la prostate. Ce phénomène est bénin, mais peut devenir de plus en plus gênant, surtout chez les hommes de plus de 50 ans. En effet, l’urètre passe au niveau de la zone de transition. Quand cette dernière augmente, elle va comprimer l’urètre, provoquant des troubles mictionnels, avec envie fréquente d’uriner et une diminution de la force du jet urinaire. 

La prostate peut également être touchée par certaines maladies infectieuses, provoquant une inflammation de la prostate nommée prostatite. Tout comme les infections urinaires, la bactérie E. Coli est majoritairement la cause des prostatites chez l’homme. Les symptômes classiques sont les brûlures ressenties lors de la miction, de la fièvre et souvent une grosse fatigue. Malheureusement, l‘hypertrophie de la prostate peut favoriser les prostatites.

Le cancer de la prostate est l’un des cancers le plus fréquent chez l’homme. Il se déclare le plus souvent chez les hommes autour de 65 ans et est la 3ème cause de mortalité. 

L’hypertrophie bénigne de la prostate, une fatalité ? 

Sur le plan génétique, l’hypertrophie bénigne de la prostate n’a jamais été identifiée. Cependant, les médecins ont pu constater qu’il y avait bien une prédisposition familiale, notamment chez les hommes qui déclarent une hypertrophie bénigne de la prostate précocement. Ces cas se caractérisent également par un volume important de la prostate. 

D’autres facteurs vont accélérer le vieillissement, comme le mode de vie et l’environnement tout au long de la vie. Les troubles de la prostate se développent lentement et restent bénins pour la plupart. Elle peut gonfler légèrement, sans que cela provoque de gêne et rester totalement silencieuse. On estime qu’un homme sur deux de plus de 60 ans souffre d’hypertrophie bénigne de la prostate, pour atteindre 80 % chez les hommes de plus de 80 ans.  

Quels symptômes et quels examens médicaux ? 

Le médecin recherchera une éventuelle hypertrophie bénigne de la prostate uniquement si des troubles mictionnels se font sentir. C’est-à-dire une envie d’uriner plus fréquente le jour, comme la nuit. Le réflexe de « pousser » pour uriner, avec une impression de ne pouvoir vider totalement la vessie. Le jet urinaire peut s’affaiblir et la miction devenir plus longue. Ce sont les premiers signaux d’alerte qui devront vous mener chez votre médecin. 

Si ces troubles mictionnels sont présents, le médecin peut effectuer un toucher rectal afin de vérifier la taille de la prostate, sa consistance et qu’il n’y ait aucun nodule suspect. Un bilan peut également être prescrit. Ce bilan comprend généralement : 

  • Un dosage sanguin de la PSA et de la créatininémie. La concentration de PSA peut indiquer la présence d’une hypertrophie bénigne de la prostate, d’une prostatite, mais c’est aussi un marqueur sanguin permettant de dépister le cancer de la prostate. La créatininémie est liée à la fonction rénale. 
  • Une échographie vésico-prostatique et rénale. Elle permettra de déterminer la taille de la prostate, mais aussi d’autres complications éventuelles. Aujourd’hui, elle remplace souvent le toucher rectal.
  • Une analyse d’urine ou ECBU recherchera une éventuelle infection, notamment une prostatite. 

La prévention par l’alimentation

L’alimentation restera le meilleur outil santé et la meilleure prévention pour lutter contre les effets du vieillissement. Globalement, il est recommandé d’adopter une alimentation équilibrée et saine, enrichie avec des légumes et des fruits frais de saison, idéalement bio. 

Parmi les légumes, vous pouvez favoriser la consommation des crucifères, comme tous les choux (chou vert, chou rouge, chou-fleurs, choux de Bruxelles, chou chinois, chou-rave, etc.), le brocoli, le cresson, la roquette sauvage, la Maca, le radis ou encore le Raifort. Ces légumes aux feuilles vertes renferment de précieux antioxydants. 

Les aliments riches en zinc sont également à favoriser. Le Zinc intervient notamment dans la synthèse de la testostérone et maintient un taux normal de testostérone dans le sang. Il contribue à une fertilité et à une reproduction normale, tout en inhibant l’aromatase, une enzyme intervenant dans la production d’œstrogènes, en catalysant la conversation de la testostérone en estradiol. Les œstrogènes en petite quantité sont bénéfiques pour l’homme. Mais une augmentation anormale des œstrogènes favorise la prise de poids, la féminisation, la baisse de la libido, la perte de la masse musculaire et une perte d’énergie.  

De plus, le Zinc inhiberait également naturellement dans l’organisme l’activité de l’enzyme 5-alpha réductase. Cette dernière transforme la testostérone en dihydrotestostérone, une hormone responsable de l’augmentation du volume de la prostate.

Le zinc se retrouvera essentiellement dans les fruits de mer, le poisson, les œufs, dans les graines de courges ou encore la levure de bière. 

Recherchez de bonnes protéines et de bons acides gras dans les poissons, les viandes maigres, les œufs, les oléagineux ou encore les huiles végétales. Limitez la charcuterie et les viandes rouges musculeuses, surtout grillées. Les laitages seront consommés aussi en faible quantité, notamment le lait de vache pasteurisé. Idéalement, il est préférable de consommer des laitages crus. 

On évite, voire on supprime la consommation d’alcool et de tabac, qui augmentent le vieillissement cellulaire. On évite également l’alimentation industrielle et raffinée. 

Cette alimentation apportera tous les nutriments et antioxydants nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

Pensez aussi à ...

Faire de l’exercice régulièrement, pour éviter le surpoids, mais aussi évacuer le stress. 

Le maintien d’une activité sexuelle est aussi important, mais point trop n’en faut, pour ne pas aggraver l’hypertrophie. 

Il est important également d’avoir un bon transit, pour éviter la constipation. Les selles accumulées et retenues peuvent en effet appuyer et comprimer la prostate. Il en va de même pour la vessie. Il est conseillé de ne pas se retenir trop longtemps quand l’envie d’uriner se faire sentir. 

La phytothérapie et les compléments alimentaires peuvent être de bons alliés, associés à un suivi médical régulier et un mode de vie sain. Parallèlement aux recommandations de votre médecin, vous pouvez consulter un naturopathe en cabinet pour un bilan complet personnalisé et adapté à vos besoins.