Tout savoir sur la thyroïde

Qu’est ce que la thyroïde ?

La thyroïde est une petite glande de l’organisme constituée de deux lobes, située au niveau du cou juste devant la trachée, ayant une forme similaire à celle du papillon. Cette glande a une fonction endocrine, c’est-à-dire qu’elle produit diverses hormones et régule la production d’autres hormones, toutes ayant un effet spécifique sur l’organisme.

Rôles et fonctions de la thyroïde

Les fonctions de la thyroïde sont très diverses, mais surtout très importantes. Cet organe est certes petit, mais il n’en est pas moins important, c’est un véritable chef d’orchestre pour tout l’organisme !

Son activité passe par la fabrication d’hormones thyroïdiennes. Cette production se fait sous le contrôle de l’hypophyse via la production de TSH (thyréostimuline), l’hormone régulatrice de la glande thyroïde. La thyroïde fabrique deux hormones principales : 

  • la T3 ou triiodothyronine : forme active à durée de vie courte (1 jour environ)
  • la T4 ou thyroxine : forme inactive à durée de vie longue (7 jours environ)

La thyroxine (T4) est la principale hormone sécrétée par la glande thyroïde. Elle agit comme une prohormone, elle doit être convertie en triiodothyronine (T3) pour devenir active. 

Il existe également les hormones T1 et T2. Elles permettent la fixation de l’iode au niveau de la thyroïde. Leurs rôles précis sont encore méconnus, mais il a été démontré qu’elles ont une action stimulatrice de l’enzyme qui transforme la T4 en T3.

Les hormones thyroïdiennes T3 et T4 interviennent dans le contrôle du développement de l’organisme et dans la régulation de l’activité métabolique des cellules, elles sont donc essentielles au bon fonctionnement de tout l’organisme.

L’augmentation et la diminution de la sécrétion des hormones thyroïdiennes vont notamment influer sur le rythme cardiaque, la température corporelle, la stabilité du poids, la qualité du transit intestinal.

Lors de la formation du fœtus, la thyroïde est active dès le stade embryonnaire.  Elle participe à la croissance et au développement du système nerveux du futur enfant. 

Durant la période de puberté, la thyroïde est très sollicitée. L’activité des hormones thyroïdiennes se couple à celle des hormones de croissance et sexuelles afin de permettre la transformation du corps de l’adolescent.

Quels sont les différents symptômes d’un problème de thyroïde ?

Il existe deux grands tableaux pathologiques pour la thyroïde :

  • l’hyperthyroïdie, caractérisée par un excès de sécrétion d’hormones thyroïdiennes
  • l’hypothyroïdie, caractérisée à l’inverse par une insuffisance de sécrétion de ces hormones

Vous trouverez ci-dessous les divers symptômes pouvant vous alerter d’une éventuelle anomalie de la fonction thyroïdienne.

Les principaux symptômes d’une hyperthyroïdie sont : 

  • cardiovasculaires : tachycardie, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque
  • digestifs : diarrhée, menant à un amaigrissement
  • psychiques : insomnie, agitation
  • musculaires : douleurs, perte de masse musculaire
  • hyperthermie (sensation de chaleur excessive)
  • impuissance chez l’homme ou aménorrhée chez la femme

À l’opposé, les principaux symptômes d’une hypothyroïdie sont : 

  • cardiovasculaires : bradycardie, hypotension artérielle
  • digestifs : constipation, tendance à la prise de poids
  • psychiques : troubles du comportement de type dépressif
  • température corporelle faible, tendance frileuse et peu de transpiration
  • troubles sexuels : infertilité, aménorrhée

Si vous présentez un ou plusieurs symptômes et suspectez un trouble de la thyroïde, vous pouvez prendre rendez-vous auprès de votre médecin traitant afin qu’il vous prescrive une prise de sang et/ou une échographie de la thyroïde. Si besoin, vous pourrez également consulter un médecin endocrinologue.

Les pathologies et troubles de la thyroïde

Les pathologies liées à l’hyperthyroïdie

  • la maladie de Basedow, une maladie auto-immune lors de laquelle il est possible d’observer tous les symptômes d’hyperthyroïdie ainsi que des symptômes supplémentaires sur le plan oculaire.
  • l’adénome thyroïdien, une tumeur bénigne de la thyroïde provoquant une sécrétion excessive d’hormones thyroïdiennes

Les pathologies liées à l’hypothyroïdie

  • la thyroïdite d’Hashimoto, une maladie auto-immune où les signes d’hypothyroïdie sont associés à un goitre
  • une carence en iode, qui est la première cause mondiale d’hypothyroïdie
  • l’hypothyroïdie iatrogène, c’est-à-dire liée à la prise de médicaments

La thyroïdite

De même que l’hyper- et l’hypothyroïdie, la thyroïdite est un trouble endocrinien, caractérisé par une inflammation de la glande thyroïde. Cette inflammation peut être due à une cause inflammatoire ou infectieuse.

Il existe diverses formes de thyroïdites, toutes pouvant mener à de très divers dérèglements hormonaux et évolution clinique et biologique.

Si les thyroïdites sont parfois asymptomatiques, elles sont le plus souvent à l’origine de symptômes de l’hyper- et/ou de l’hypothyroïdie, associés à une douleur au niveau de la thyroïde, de maux de gorge et d’un goitre.

Le goitre

Le goitre désigne une hypertrophie de la glande thyroïde, c’est-à-dire une augmentation de son volume. L’apparition d’un goitre peut être congénitale ou acquise, sa gravité peut être bénigne ou maligne. 

Il est en général causé par une carence en iode, par le tabagisme, par certaines maladies, par la prise de médicaments.

Thyroïde et prise de poids

L’hypothyroïdie est très souvent liée à des variations de poids, essayons à présent de comprendre pourquoi.

Les hormones thyroïdiennes sont à l’origine de la régulation du métabolisme. Celui-ci correspond à l’ensemble des réactions chimiques se déroulant dans notre organisme afin de le maintenir en vie. Il assure donc les fonctions respiratoires, cérébrales et nerveuses, le rythme cardiaque, la température corporelle, la digestion… Pour cela, votre organisme utilise de l’énergie (les calories apportées par l’alimentation). Le métabolisme est propre à chacun, il dépend du sexe, de la taille, de la composition corporelle (poids, masse graisseuse, masse musculaire…), mais également de la thyroïde !

Comme expliqué ci-dessus, lors d’une hypothyroïdie ou d’une pathologie liée à l’hypothyroïdie, la production des hormones thyroïdiennes diminue, de même que le métabolisme. Dans cette situation où le métabolisme ralentit, le corps apprend à consommer moins d’énergie, et donc à stocker davantage, sous forme de réserves (tissu adipeux), menant ainsi à une prise de poids. De ce fait, l’hypothyroïdie est généralement couplée avec la prise de poids, mais aussi avec la difficulté à perdre du poids, du fait d’un métabolisme plus lent.

Comment prendre soin de sa thyroïde ?

Adoptez une alimentation riche en iode

Comme évoqué ci-dessus, la carence en iode est la première cause mondiale d’hypothyroïdie. Pourquoi cela ? L'iode permet la production des hormones thyroïdiennes et donc le fonctionnement normal de la thyroïde.

Le problème est que l’organisme ne peut synthétiser tout seul cet oligo-élément. Si vous ne consommez pas assez d’iode, vous risquez très fortement d’être carencé. En conséquence, il est essentiel de l’apporter via l’alimentation !

Les recommandations préconisent que l’adulte doit consommer en moyenne 150 microgrammes d’iode par jour.

Vous trouverez de l’iode dans le sel de table iodé, les poissons et produits de la mer (morue, aiglefin, coquillages, algues…) et les œufs.

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Faites une cure de vitamine D

À l’heure actuelle, il apparaît que la majorité de la population est carencée en cette vitamine particulière. 

Pour veiller à un apport suffisant en vitamine D, pensez à vous exposer au soleil environ 10 à 20 minutes par jour, de manière raisonnable, au niveau du visage et des bras. Si cela n’est pas possible, vous pouvez opter pour des compléments alimentaires, notamment en hiver, où le taux d’ensoleillement est au plus bas sous nos latitudes.

Consommez suffisamment de sélénium et de zinc

Le sélénium est un minéral de type oligo-élément, connu pour contribuer à une fonction thyroïdienne normale et que l’on retrouve en petite quantité dans notre alimentation.

Le zinc est également un oligo-élément, il intervient dans diverses réactions enzymatiques et le métabolisme des protéines, lipides et glucides.

Tous deux soutiennent le bon fonctionnement de la thyroïde. Le sélénium participe à la synthèse et au métabolisme des hormones T3 et T4. Une carence en sélénium peut donc mener à une hypothyroïdie. Le zinc intervient dans la synthèse et l’activité de la TRH, hormone produite par l’hypothalamus et à l’origine de la TSH, elle-même à l’origine des hormones thyroïdiennes. Le zinc est également impliqué dans l’activité de la T3.

Dans l’alimentation, le sélénium se trouve dans les oléagineux (noix du Brésil particulièrement), les viandes, les produits de la mer et les œufs. Quant au zinc, vous le trouverez dans les produits carnés, les produits de la mer (huîtres, certains poissons), les légumineuses, le fromage (comté, parmesan) et le cacao.

Si les apports alimentaires sont insuffisants, il est possible de réaliser une mesure plasmatique des taux de zinc et de sélénium. Si celle-ci indique un déficit, une supplémentation pourrait être envisagée.

Pratiquez une activité physique régulière et adaptée

L’activité physique et sportive permet la stimulation de tout l’organisme, et donc de l’activité thyroïdienne ! Qu’importe l’activité choisie, tant qu’elle est régulière et adaptée à vos capacités.

En cas d’hypothyroïdie, la dépense énergétique compense légèrement le dysfonctionnement de la glande thyroïde. En effet, les sports d’endurance (course à pied, marche, musculation, natation…) permettent l’accélération de la circulation sanguine et donc l’oxygénation des cellules, ce phénomène contribue à la régulation de l’activité thyroïdienne.

L’hyperthyroïdie étant associée à l’hyperactivité et à la tachycardie, le sport est autorisé mais il faudra veiller à avoir des temps de repos adaptés et à éviter les boissons énergisantes et à base de caféine.

Évitez le tabac

Certains éléments du tabac sont nuisibles à la fonction thyroïde. Parmi eux, les principaux accusés sont les thiocyanates, des composés susceptibles d’inhiber l’assimilation de l’iode, et donc la synthèse des hormones thyroïdiennes. Cet effet d’inhibition dépend également des apports alimentaires en iode. Si ceux-ci sont augmentés, les effets antithyroïdiens des thiocyanates se verront diminués.

De plus, le tabagisme est un facteur de risque à certaines maladies thyroïdiennes. Il semble que la maladie de Basedow (forme d’hyperthyroïdie auto-immune) et la formation de goitre soient plus fréquents en cas de tabagisme.

Enfin, plusieurs études montrent un taux de TSH plus faible chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.

Évitez le stress

Le stress augmente la production de cortisol par l’organisme. Cette hormone est susceptible d’empêcher l’entrée des hormones thyroïdiennes dans les cellules du corps, et en conséquence, peut inhiber leur efficacité.

En cas d’antécédents familiaux, il vous faudra redoubler de vigilance car ces facteurs de prédisposition vous exposent davantage à un problème de thyroïde. 

Thyroïde et grossesse

Durant la grossesse, la fonction thyroïdienne est modifiée. En effet, la thyroïde va produire davantage d’hormones thyroïdiennes afin de s’adapter afin de couvrir les besoins du fœtus, pour son développement et sa croissance.

Il est important de souligner encore une fois l’importance de l’iode durant cette période particulière qu’est la grossesse. Puisque la glande thyroïde doit fabriquer plus d’hormones thyroïdiennes, elle a besoin d’encore plus d’iode. Celui-ci étant nécessaire à la production de ces hormones.

La carence en iode chez les femmes enceintes est fréquente car une partie de l’iode est destinée au fœtus par voie placentaire, l’autre partie sera éliminée par les reins.

Ce manque d’iode, même léger, peut avoir des conséquences très importantes sur le développement neurologique, les capacités intellectuelles et la croissance de l’enfant. L’apport alimentaire doit donc être adapté dès le premier mois de la grossesse.

De plus, une carence en iode durant la grossesse peut mener à l’augmentation du volume de la thyroïde, le goitre, de manière réversible en général.

Le fœtus a-t-il une thyroïde ?

Oui ! Toutefois, la thyroïde fœtale n’est pas capable de produire des hormones thyroïdiennes avant le quatrième mois de grossesse. Durant le premier trimestre, c’est donc la thyroïde maternelle qui s’en charge, principalement pour le développement du système nerveux. Ceci peut expliquer en partie, pourquoi les hypothyroïdies sont plus fréquentes chez les femmes enceintes.

Prévenir des troubles de la thyroïde

La prévention d’éventuels troubles passent tout d’abord par l’augmentation de la consommation d’iode. Les aliments riches en iode - algues, poissons, crustacés, laitages, œufs - pourront vous aider. Il est également bon de savoir que certains aliments auront tendance à détruire l’iode, et donc à empêcher son utilisation par l’organisme. Il s’agit des choux, des radis, de la moutarde et du manioc.

Concernant le sel de table, si en France, il est enrichi en iode, il ne faut toutefois pas augmenter sa consommation et rester dans un apport alimentaire normal.

Enfin, l’arrêt du tabac est également important chez les femmes enceintes. Au-delà des dommages qu’il peut causer, le tabagisme favorise l’augmentation du volume de la thyroïde (goitre).