Cheveux : les soins naturels pour les chouchouter

Au début de cette année, nous vous parlions de la santé de vos cheveux et notamment qu'ils étaient le miroir qui reflétait votre santé intérieure.  À l'aide de conseils en nutrition et bien-être, nous vous expliquions comment nourrir vos cheveux de l'intérieur, limiter les chutes et leur rendre leur vitalité. Le constat était que le cheveu n'était vivant qu'au niveau de la racine, la partie interne et invisible du cheveu. C'est d'ailleurs pour cela qu'un mode de vie sain est la base de cheveux en bonne santé

Cependant, il est aussi possible d'apporter des soins cosmétiques naturels sur la partie visible des cheveux, les longueurs et les pointes, pour en améliorer l'apparence. On vous en parle plus en détails dans cet article.

Petits rappels sur le cheveu, sa constitution et sa structure

Le cheveu va être composé d'environ 95% de kératine, une protéine inerte fabriquée par des cellules spécifiques se trouvant dans la couche profonde de l'épiderme et dans le follicule pileux, les kératinocytes. La kératine est composé elle-même de 18 acides aminés, comme l'arginine, la leucine, la thréonine, la proline et la cystéine, un acide aminé soufré majoritaire. Ce dernier forme des ponts disulfures entre les molécules, permettant au cheveu d'être rigide et résistant. Le cheveu se compose aussi d'eau, de lipides, de mélanines et de quelques minéraux et oligo-éléments à l'état de trace, comme le zinc, le manganèse, l'iode ou encore le sélénium. 

La kératine et la formation du cheveu

Les kératinocytes sont des cellules qui se divisent rapidement, dans un cycle de 24 à 72h. Les nouvelles cellules évincent les précédentes, qui vont alors mourir, être stockées et durcir pour former la kératine. La kératine est donc bien une matière "morte". Une fois formée, cette dernière est alors transportée jusqu'à la racine, grâce à un apport de vitamine B6 et de zinc. Le cheveu va donc grandir au fur et mesure que la kératine se forme. 

La structure de nos cheveux 

La section visible du cheveu qui nous intéresse ici est la tige capillaire ou fibre capillaire. C'est la tige qui est principalement constituée de kératine. Étant insoluble dans l'eau, la kératine protège le cheveu et le rend imperméable (ou presque). 

La tige se compose de 3 parties bien distinctes : 

  • La moelle est un tube creux de cellules amorphes, molles et graisseuses, qui se situe au centre de la tige. Cette matière est plus ou moins présente, selon que vous ayez le cheveu fin ou épais. Elle est inexistante à la naissance. 
  • Le cortex, qui est la partie la plus épaisse du cheveu, constitue le cœur de la tige et va garantir son élasticité, sa souplesse, ainsi que sa résistance. C'est également ici qui se trouvent les mélanocytes, cellules qui fabriquent la mélanine, pigment responsable de la coloration naturelle du cheveu. 
  • La cuticule est riche en kératine et constitue la protection externe du cheveu, isolant le cortex de l'environnement extérieur. La kératine est disposée en écailles empilées les unes sur les autres, formant jusqu'à 10 couches. Ces couches sont scellées entre elles par l'intermédiaire des ponts disulfures. Quand le cheveu commence à s’abîmer, la cuticule devient irrégulière, laissant apparaître le cortex qui peut alors subir des dégâts, fragilisant le cœur de la fibre capillaire. 

Le cheveu est une matière morte, mais pas si morte que ça ! 

Pour mieux traduire tous les propos contradictoires que l’on peut entendre sur les cheveux, il y a un point qu’il faut éclaircir. Biologiquement, le cheveu est bien une matière morte. Et oui ! Le cheveu n’est vivant qu’au niveau du cuir chevelu, c’est-à-dire du bulbe pilaire ou follicule pileux, qui n’est autre que la racine du cheveu. Toute la partie visible du cheveu est composée de cellules mortes (kératine), comme expliqué plus haut. 

Mais alors, pourquoi parle-t-on de nourrir ou encore hydrater des cheveux, alors qu’ils sont biologiquement morts ? C’est là toute la nuance qu’il faut apporter à des termes très « marketing » qui ne sont valables que pour la peau (par exemple), même si cette dernière contient également une couche externe « morte » faite de kératine. Cependant, ce n’est pas tout à fait le cas du cheveu. Contrairement à ce dernier, la peau respire, a des pores et permet les échanges avec l’extérieur. Un cheveu ne respire pas, n’a pas de pores et aucun échange n’est réellement bénéfique avec l’extérieur. C’est d’ailleurs le but premier de la cuticule, d’être fermée, perméable et de protéger le cortex. Tout cela à condition qu’elle reste lisse, les écailles bien alignées et recouvertes de sébum. Ici encore, ce n’est souvent pas le cas avec le temps, encore moins sur les pointes. 

« Mais alors, à quoi servent les soins cosmétiques pour cheveux ? », me direz-vous... 

Et vous aurez tout simplement raison de vos poser la question. Et la réponse est toute simple également, les soins cosmétiques externes pour les cheveux servent essentiellement à « gainer » la cuticule et par conséquent, améliorer l’aspect extérieur du cheveu. En effet, même si le cheveu est une matière morte, c’est tout de même une matière réactive. 
 

Comment nos cheveux réagissent-ils ?

Le cheveu est réactif (et non vivant, le terme est important), dans le sens où il va pouvoir tout de même réagir avec certains soins (masques capillaires, brossages, lissages, séchages, ...) ou encore à son environnement (humidité, oxygène, UV, ...). Il possède 3 caractéristiques, parmi d’autres, qui peuvent bien l’illustrer.

Pour commencer, le cheveu est électriquement parlant, négatif.  C’est pour cela qu’il réagit très bien à certaines molécules, soins ou traitements mécaniques qui apportent une charge positive. Plus le cheveu est altéré, plus la charge négative est forte et plus il réagira à certains soins. 

Le cheveu est également malléable et élastique. On peut lui donner une certaine forme, et lui faire reprendre sa forme d’origine. 

La cuticule est formée d’écailles de kératine qui sont, sur un cheveu jeune, plus ou moins lisses, alignées et recouvertes de sébum(on en revient au mode de vie et à notre état de santé, qui détermineront la force et la qualité du cheveu au départ). Pour autant, même si la kératine donne une certaine imperméabilité au cheveu, ce dernier reste une matière poreuse, qui peut laisser passer certaines substances. C’est encore plus le cas avec un cheveu qui prend de l’âge, car les écailles de kératine se dégradent, s’écartent ou même se détruisent. Quand la cuticule est très abîmée jusqu’au cortex, la seule solution est souvent de couper ! C’est pour cela qu’il est généralement conseillé de couper les pointes, soit la partie du cheveu la plus ancienne et donc la plus abîmée. Le cheveu va donc pouvoir au niveau de la cuticule absorber de l’eau (jusqu’à 30 % de son poids), des matières grasses ou d’autres substances diverses. Il ne sera donc pas nourri comme la peau ou comme au sens de « manger », mais  les soins apportés permettront de combler les « trous » et les « brèches » laissées par la kératine endommagée ou détruite. Cela aura pour effet de gainer le cheveu, le lisser, appliquer une couche protectrice et lui donner une apparence plus jeune, souple et brillante. 

Pourquoi faire le choix de soins naturels ? 

Si le cheveu est mort, pourquoi se préoccuper d’apporter des soins naturels ou synthétiques ? C’est également une question que vous pouvez vous poser et qui est importante. On connaît tous bien les produits classiques qui se vantent de réparer et renforcer les cheveux, tout cela à coup de substances siliconées. Au final, sur les longueurs et pointes, le cheveu ne fera pas de différence entre le fait de combler les brèches avec du karité ou du silicone. L’effet gainage, lissant et brillant sera le même, même s’il sera plus instantané et plus persistant avec les silicones. Cependant, au niveau du cheveu, il semblerait que l’effet occlusif du silicone limiterait l’action d’autres soins en parallèle. 

Le silicone reste une matière inorganique, synthétique, se rapprochant du plastique et est de ce fait une substance très polluante. En effet, les silicones se déversent dans les océans, ne sont pas biodégradables et peuvent mettre plus de 500 ans à disparaître. Ces substances sont donc naturellement interdites dans les cosmétiques bio. 

Sur la peau, les effets des silicones sont encore un autre débat. Ces dernières années, les silicones sont devenues des substances très controversées. On parle d’ailleurs d’un effet occlusif et « étouffant » pour la peau, créant une barrière qui se veut protectrice, mais résistant à l’eau, peut s’accumuler et empêcher la peau de respirer. Idem pour les cheveux, l’accumulation de silicones serait délétère sur la longue, alourdissant, aplatissant et graissant ces derniers, qui deviennent alors difficiles à styliser. Les matières naturelles vont respecter la peau et la fibre capillaire, « nourrir » et « hydrater », dans le sens où elles vont permettre de gainer le cheveu, de combler les brèches, de limiter les casses et les pertes en eau, tout cela en respectant l’environnement. 

Pour conclure, la plupart des produits cosmétiques classiques étant principalement composés de silicones, sont très polluants et apportent un effet superficiel, en plus d’être possiblement néfastes pour la peau et le cheveu avec une utilisation prolongée.

À vous de faire le choix de vos soins en toute conscience.